Un peu d' Histoire - Les Amis de l'Orgue de Saint-Denis asbl

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Un peu d' Histoire

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Un peu d'histoire ...



Notre Cercle d'Histoire et du Patrimoine de Forest s'active, on le sait, à la sauvegarde et à la connaissance du passé de notre Commune qui fait, on l'a rappelé maintes fois, exception dans le paysage historique bruxellois. Son riche passé, lié à la prestigieuse Abbaye bénédictine des Dames Nobles de Forest, son rôle pionnier dans l'industrialisation et la révolution des transports au XIXe siècle, son environnement naturel exceptionnel de forêts et de collines qui a fait sortir de terre, dès le XIXe siècle, de nombreux « châteaux » bourgeois, tout cela, en grande partie disparu, offre un vaste terrain de recherches, de découvertes et de ressources pour de multiples publications et expositions.



Cela, pourtant, laisse encore un précieux matériau pour une toute jeune A.S.B.L. fondée le 23 octobre 2011, « Les Amis de l'Orgue de Saint-Denis » qui, comme son nom l'indique, s'attache à faire revivre un patrimoine religieux et musical tombé en désuétude. La création de cette A.S.8.L. est l'aboutissement de nombreuses années d'initiatives, de démarches, d'activités musicales qui vont permettre aux Amis de fêter, en décembre 2013, le quinzième anniversaire de leur existence et surtout la réussite éclatante de leur projet : la résurrection d'un bel instrument quasi muet depuis de nombreuses années, l'Orgue de l'Eglise Saint-Denis.

Il faut rappeler qu'à la conquête de nos régions, à la fin du XVIIIe siècle par les révolutionnaires français, ceux-ci, du moins les plus extrémistes d'entre eux, avaient programmé la déchristianisation de la France républicaine et des territoires qui lui seraient annexés. C’est ainsi que l'Abbaye bénédictine de Forest, comme tant d'autres, symbole de la toute puissance du haut clergé catholique, fut détruite de fonds en comble, ainsi que sa superbe église abbatiale, à l'exception des bâtiments construits par Dewez à la fin du XVIIIe siècle, et récupérés immédiatement à des fins industrielles. Par contre, les petites églises paroissiales à fréquentation populaire furent épargnées. Et la vénérable petite église Saint-Denis, à la faveur de la restauration du catholicisme initiée par Napoléon Bonaparte, fut rendue au culte et, dès 1810, dotée d'un orgue de belle facture destiné à redonner au culte plus de vie et d'apparat. La fabrication puis l'entretien en fut confié à différents facteurs d'orgue, nombreux dans nos régions, les Smets puis les Anneessens de Ninove, origine d'une véritable dynastie de réputation internationale, enfin les Van Bever de Laeken, formés à Paris.

Pourtant le bel instrument allait se dégrader, suite d'abord à son déplacement, en 1926, dans une petite tribune latérale sud, qui entraîna l'altération de la mécanique, et la disparition totale des boiseries sculptées. Puis, au début des années 60, l'orgue fut descendu de la tribune pour être posé au sol dans le transept gauche. Les efforts de restauration inaboutis de l'Abbé Robert Mathot, dans les années 70, et le manque de moyens financiers condamnèrent l'orgue à un rôle tout à fait réduit, jusqu'à ce jour de juin 1996 où l'enthousiasme et la ténacité de quelques mélomanes allaient enfin sauver de la dérive et de l'oubli ce beau patrimoine musical de Forest.


Tout commence donc en juin 1996 avec un petit concert de musique baroque donné en l'Eglise Saint-Denis par un groupe de musiciens amateurs « I Fiori di Nando ». Ils y découvrent l'orgue, presque bicentenaire, fortement dégradé et presque réduit au silence : seuls quatre jeux étaient encore utilisables ! La flûtiste d'« I Fiori » en parle à une amie claveciniste et organiste d'un autre groupe musical le « Dodion's Band ».

Ainsi naît l'association « Les Amis de l'Orgue de Saint-Denis ». animée d'un rêve qui, à force d'enthousiasme et de ténacité, deviendra réalité : rendre vie au bel instrument oublié.

Lors de l'inauguration de l'orgue restauré, le 13 septembre 2009, les Amis ont publié une élégante brochure riche en multiples informations (où j'ai abondamment puisé pour rédiger cet article !). Ils y retracent notamment le long parcours de la restauration, ponctué de deux prouesses, la récolte des fonds et la complexité technique de la restauration elle-même. Réunir l'argent nécessaire fut un combat mené à bien pendant dix ans : l'organisation des « Dimanches musicaux de Saint-Denis », concerts «entrée libre» mais dont la qualité et le succès suscitaient des contributions volontaires, le mécénat sous déductibilité fiscale alimentant le compte ouvert par la Fondation Roi Baudouin, le soutien et l'accord de la Fabrique d'Eglise, de l'Echevinat de la Culture de Forest et du Gouvernement de la Région bruxelloise, bref la coopération de forces privées et publiques allait enfin permettre de passer au stade ultime de ce projet : la restauration à l'identique de l'Orgue de Saint-Denis. Elle fut confiée à la Manufacture d'Orgues Thomas de Ster-Francorchamps, de renommée internationale. Le rapport technique nous montre en détail la complexité et les immenses ressources harmoniques de ces instruments séculaires peu connus techniquement du public profane et l'énorme savoir-faire accumulé au cours des siècles et transmis fidèlement de génération en génération par ceux qui les fabriquent et les maintiennent en vie.

Qui n'a pas été saisi d'émotion à l'écoute de ces voix puissantes, inondant des espaces de culte prestigieux, toujours associées aux fastes religieux, aux solennités politiques ou familiales, aux concerts de grandes œuvres musicales liturgiques ou profanes ? Aujourd'hui, l'orgue de Saint-Denis chante à nouveau, doté d'une talentueuse organiste titulaire, Rieko Higasa. Cette jeune femme japonaise, diplômée des études d'orgue de l'Université de Musique d'Osaka, a poursuivi sa formation au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles, encore enrichie d'une spécialisation en pédagogie musicale à Namur et en liturgie à Malines, ce qui lui a valu le diplôme d'organiste de l'Archevêché de Malines-Bruxelles. Outre Saint-Denis de Forest, elle est également organiste à l'Eglise de Saint-Gilles et  à l’église Sainte- Catherine à Bruxelles.

Aujourd'hui, les Amis de l'Orgue de Saint-Denis poursuivent deux objectifs majeurs - favoriser les jeunes talents musicaux professionnels en leur offrant le cadre esthétique et acoustique de l'Eglise Saint-Denis et favoriser l'accès d'un public non habitué aux concerts, aux trésors de la musique instrumentale et vocale, sacrée ou profane. En quinze ans d'activités, ils alignent déjà un beau bilan : plus de cinquante concerts de qualité, d'abord gratuits, puis ces trois dernières années d'un accès financier très démocratique. Leur prochaine saison 2013-2014 s'annonce très attractive par la qualité mais aussi par la diversité des programmes : musique baroque et classique, mais aussi populaire et traditionnelle, de chez nous et d'ailleurs. Le point culminant en sera le concert anniversaire des quinze ans de l'association, le dimanche 1er décembre 2013. Il associe l'ensemble La Cetra d'Orfeo (La Lyre d'Orphée) sous la direction de Michel Keustermans, concepteur de nombreux projets artistiques, à l'Ensemble vocal Pays Noir, dirigé par Marie-Paule Dumont, fidèle amie de l'association.

Les Amis de l'Orgue de Saint-Denis partagent avec notre Cercle nombre de valeurs et d'objectifs communs. Soyons nombreux à les soutenir, de quelque façon que ce soit, en assistant aux concerts, en s'y abonnant, en participant au concert anniversaire, pour partager avec eux, par la musique, leur joie et leur fierté.

 

Micheline SMORODINSKY, historienne
in
"FORESTUM N° 42, septembre 2013", la revue du


                       
(éditeur responsable : Nelly  De Roover-Dryon )

 
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